Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 11:03

Qui suis-je pour oser ces quelques lignes. Qu’ai-je donc fait ?

Rien au regard de tout ce que j’ai pu et continue à apprendre chaque jour grâce à Monsieur l’académicien.

Non seulement, Jean d’Ormesson nous permet de nous poser les questions qui font que nous ne pouvons nier la présence même de la philosophie dans chacune de nos vies, à qui veut bien se donner la peine de prendre un peu de recul.

Il a surtout, cette érudition qui, à la seule lecture de ses mots nous invite au voyage, à côtoyer les plus grands avant même de nous confronter nous même au plaisir de leurs rencontres. J’ai pu ainsi accompagner Chateaubriand à Venise pour y retrouver la duchesse de Berry, traverser le grand siècle, découvrir d’illustres inconnus qu’il connaît par cœur et prendre le temps de lire les Mémoires de Saint Simon, épreuve à laquelle je ne me serais sans doute jamais attelé sans l’enthousiasme et le ravissement que je devinais à chaque fois que son nom était prononcé par Jean d’Ormesson. Oui, prononcé !  Car on ne peut le lire sans l’entendre. Il y quelques hommes parmi nos contemporains qui ont le pouvoir de nous prêter sans le savoir, le temps d’une lecture, le timbre de leurs voix, il fait parti de ceux-là. Il y a de la passion et de la malice, sans aucun doute, une profonde envie de partager. Merci de nous permettre, de me permettre de surmonter mes interrogations lorsque je me trouve devant la page blanche. Quelle que soit la forme d’art qui nous tire vers le haut, quelle que soit la hauteur que nous serons capable d’atteindre, merci d’être un de ceux qui sans le savoir m’avez tendu et me tenez la main.

Qu’ai-je donc fait Monsieur d’Ormesson ?

 

Par michaël picoron
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 11:00

Proust, très primitif par certains côtés, supposait que les lieux conservent quelque chose des yeux qui les ont regardés …

L’histoire d’un lieu, sa force évocatrice, ses moments de bonheur ou ses tragédies, marquent le sol et les pierres qui traversent le temps jusqu’à nous. Qui n’a pas ressentie une profonde émotion dans un lieu « chargé » de cette force, de ces regards lointains. Nul n’est besoin d’être réceptif au-delà du commun, question de sensibilité ou d’intérêt, question d’être avant tout. L’homme est ainsi fait qu’il a la chance de partager même à travers le temps, la présence d’autres qu’il ne pourra jamais côtoyer sinon dans le sensible. Oser toucher la pierre d’un édifice, oser se laisser envahir par l’émotion sans se poser de question.
Espace, temps, présence, il faut parfois dépasser notre pudeur et nos hésitations, sortir de ce présent qui construit notre futur pour reprendre un peu de cette force passée que nous offrent ces lieux et ceux qui les ont marqués à jamais.

 

 

Par michaël picoron
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 10:59

Le dédoublement touche sans doute la plupart des hommes de l’Histoire et les grands artistes :

Napoléon n’est pas Bonaparte. Les statues futures possèdent ceux qui sont dignes de statues, qu’ils le veillent ou non. Charles est modelé par la vie, et de Gaulle par le destin. Il n’y a pas de Charles dans ses mémoires . Tout comme, il n’y aura pas d’André dans les Antimémoires de Malraux. « Je sculpterai ma propre statue », disait-il à Clara. En s’emparant du patronyme, le fils se fait le père du père.

Les fils devenus pères à leur tour concourent bien malgré eux,  à la difficulté de ceux qui devront supporter le nom et à se faire un prénom.

Nous sommes tous fils et filles de pères et de mères, célèbres inconnus pour ma part. Me ferai-je un nom, rien n’est moins sûr. On se fait d’ailleurs un nom à travers le jugement de nos contemporains, mais certainement pas en le cherchant à tout prix.

 

Par michaël picoron
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 10:58

« Quelle chimère est-ce que l’homme ?
Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos,
quel sujet de contradiction, quel prodige !
Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ;
Dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude
et d’erreur ; gloire et rebut de l’univers ».

 Ainsi Pascal décrit-il l’homme dans tout ce qu’il a de sublime et de détestable. Une chimère !

Aux journées difficiles en succèdent d’autres, espérons, d’une autre teneur. L’idée de vivre en prenant le meilleur de ce qui est à notre portée, de savoir attraper au vol l’essentiel, les petits bonheurs, n’est-elle qu’une utopie ? Si la réponse est non, alors tout est dit, tout est fait, mais chaque jour à refaire. Savoir dire non, pour mieux offrir, être capable de faire, même l’exceptionnel, d’oser ce qui semble improbable, voire irréalisable. Allons debout, fier, face aux vents, tout ceci n’est rien. Comment pourrait-on perdre ce que nous ne possédons pas ?

C’est décidé, demain, j’oserai !

 

Par michaël picoron
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 10:57

Parle-t-on de constance, d’honnêteté, de rigueur peut-être. La permanence dans le changement. Nos vies, nos sociétés sont en perpétuelle évolution, pas forcement pour un mieux, mais elles changent.
Alors, soit nous nous fondons dans ce mouvement et nous acceptons de nous laisser porter par cette vague, cette lame de fond invisible mais souvent dévastatrice. Soit, nous prenons le risque de nous mettre dans la marge. Mais en vérité ce risque est un luxe, il n’est pas offert à tous de prendre le temps de la réflexion et d’avoir les moyens de sonner la retraite. Non pas comme une défaite, mais comme une issue, une parenthèse. Que nous le voulions ou pas il faut parfois se plier aux contraintes de nos vies respectives, de ce l’on apelle « le quotidien ».

Il en est de même dans la création. Qu’on écrive, peigne, sculpte, la question de la permanence dans le changement est bien la marque des artistes de talent. Je ne parle pas des grands noms de l’Art, de ces artistes maudits, qui malgré le profond respect de leurs convictions, n’ont eu qu’un succès tardif, voire posthume. La reconnaissance, l’institutionnalisation et la médiatisation d’un artiste peuvent nuire à la qualité de la force créatrice. Elles peuvent alors conduire à la facilité.

Adieu veaux, vaches, cochons, je tire ma révérence, je vous laisse. Quelques jours ? Quelques heures tout au plus. La vie est ainsi faite.

 

Par michaël picoron
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